mise à jour : 1 février 2022
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- Introduction

Débats antiques:les atomistes

Auteur: Yaël Nazé
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La Grèce antique

Comme toujours, c’est la Grèce qui accueille les premiers débats « modernes » sur la pluralité des mondes. La problématique n’est alors pas discutée pour elle-même, mais s’insère dans le contexte plus global d’un courant philosophique complet.

Ainsi, les atomistes considéraient la matière composée d’éléments indivisibles, les « atomes ». Pour eux, c’était bien sûr le cas de la Terre, mais aussi du reste de l’Univers. De plus, notre monde a été créé par la collision fortuite d’atomes – un processus naturel qui peut évidemment se reproduire ailleurs : les mondes sont donc en nombre infini, à l’instar des atomes. Plusieurs philosophes antiques approuvent ces idées pluralistes. Pour Xénophane de Colophon (570-480 av. J.-C.), la Lune est sans doute habitée et il doit exister d’autres terres ; Démocrite (465-365 av. J.-C.) enseigne que la Lune présente des montagnes et des vallées, tout comme la Terre, et qu’il existe d’autres mondes créés par des agglomérats d’atomes ; Épicure (341-270 av. J.-C.) approuve ses prédécesseurs atomistes en assurant : « Il y a une infinité de mondes similaires ou différents du nôtre... Nous devons croire que dans tous ces mondes, il existe des créatures vivantes, des plantes et toutes choses que nous trouvons en ce monde. » Son disciple Métrodore le soutient en déclarant qu’« il est aussi absurde de concevoir un champ de blé avec une seule tige qu’un monde unique dans le vaste Univers. ».

Même Lucrèce (98-55 av. J.- C.) rejoint les adeptes de la pluralité en des termes très modernes : « Dès lors, on ne saurait soutenir pour nullement vraisemblable, quand de toutes parts s’ouvre l’espace libre et sans limites, quand des semences innombrables en nombre, infinies au total, voltigent de mille manières, animées d’un mouvement éternel, que seuls notre Terre et notre ciel aient été créés, et qu’au delà restent inactifs tous ces innombrables corps premiers. Et ce d’autant plus que ce monde est l’œuvre de la nature. [...] Aussi, je le répète encore, il te faut avouer qu’il existe ailleurs d’autres groupes de matière analogues à ce qu’est notre monde que, dans un étreinte jalouse, l’éther tient enlacé. Du reste, quand la matière est prête en abondance, quand le lieu est à portée, que nulle chose, nulle raison ne s’y oppose, il est évident que les choses doivent prendre forme et arriver à leur terme. Et si maintenant les éléments sont en telle quantité que toute la vie des êtres vivants ne suffirait pas pour les dénombrer ; si la même force, la même nature subsistent pour pouvoir rassembler en tous lieux ces éléments dans le même ordre qu’ils ont été rassemblés sur notre monde, il te faut avouer qu’il y a dans d’autres régions de l’espace d’autres terres que la nôtre et des races d’hommes différentes et d’autres espèces sauvages. »

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